L'interview

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Pouvez-vous nous raconter d’où vous vient votre passion de la cuisine ?

Quand j’étais enfant, je passais beaucoup de temps dans la cuisine. J’aimais renifler les odeurs qui se dégageaient des casseroles et aussi goûter les plats. Dans ma famille, les arts de la table ont toujours représenté quelque chose de sacré. Depuis, la recherche du bon goût est devenue une seconde nature.

Ou avez-vous été formé à l’art de la cuisine ?

Dans un premier temps, j’ai été à l’école de la cuisine maternelle. J’étais le commis de la brigade familiale. Puis j’ai affiné ma culture culinaire en faisant quelques stages et surtout en passant des heures à regarder des vidéos de recettes de grands chefs sur internet. De là, j’ai fait la synthèse de ces deux apprentissages. Et à force d’entraînement, j’ai développé mon instinct pour trouver aujourd’hui ma propre identité de cuisinier.

Pourquoi avez-vous voulu devenir chef à domicile ?

Devenir chef à domicile est pour moi l’occasion de rendre hommage à la cuisine avec laquelle j’ai grandi. J’ai envie de la partager avec un public qui ne connaît de la cuisine indienne que l’image renvoyée par les restaurants indiens de la région parisienne, lesquels offrent des menus trop stéréotypés et pas assez représentatifs de la diversité des recettes de mon pays d’origine. Il n’y a pas que le « cheese nan » et le « butter chicken ». Bref, je veux être en quelque sorte le « chevalier blanc » de la cuisine indienne à Paris (et proche banlieue).

Quelle influence vos voyages ont-ils eu sur votre cuisine ?

Mes dernières visites à Londres m’ont permis de découvrir la cuisine de grands chefs étoilés indiens qui ont réussi le mariage des nobles produits avec les épices et aromates indiens. Cela m’a inspiré et permis de désinhiber ma cuisine en allant plus loin dans le métissage des saveurs, exemple : le foie gras et la feuille de cari. La cuisine est un espace de création infini et les voyages me font reprendre conscience de ce champ infini de possibilités.

Quelle est votre plus belle expérience de chef à domicile ?

Je n’ai eu que des belles expériences, Le métier réserve plein de surprises et de rencontres humainement très enrichissantes. Et puis, quand à la fin de la prestation, vos invités vous applaudissent, c’est une très belle émotion, car cela récompense tous ces moments perdus à réfléchir à l’harmonie du plat, en termes de goût, de couleur, de texture, et de température. A vrai dire, c’est toujours une joie de donner du plaisir aux autres.

Selon vous quelle est la différence entre un repas au restaurant et un repas avec un chef à domicile ?

Le fait de cuisiner chez les gens favorise la création d’un lien social avec le client. Il y a un échange à la fois intime et convivial à parler gastronomie dans la chaleur de l’appartement de celui ou celle qu’on va nourrir. C’est aussi un espace de communication pour parler concrètement des produits que l’on cuisine et de leur origine, de souligner la qualité du travail agricole réalisé en amont. Pour aller plus loin, cela permet de sensibiliser le client sur le fait qu’il a un rôle déterminant à jouer dans la chaîne alimentaire, par ses choix de consommation, avec la possibilité de valoriser la main-d’oeuvre d’un artisan.

Comment définissez vous votre cuisine ?

Naturelle, parfumée, et gourmande. Tout en restant digeste. Je conçois ma cuisine comme une occasion de prendre du plaisir à table tout en respectant son corps et la nature qui nous entoure. J’accorde énormément d’importance aux choix des produits, lesquels sont la majorité du temps sélectionnés auprès de maraîchers locaux possédant une éthique agricole. Ma cuisine a juste la prétention de sublimer des produits naturels, avec quelques épices pour assaisonnement, de manière à ce que ces produits puissent révéler dans l’assiette leur pleine saveur.

Quels produits aimez-vous le plus travailler ?

Les feuilles de coriandre pour la fraîcheur exotique qu’elles apportent. Et la graine de cumin, une épice à la fois subtile et élégante.